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Intolérance à l'incertitude  
Dimension cognitive de l'anxiété  

Intolérance à l'incertitude   

Le terme d'intolérance à l'incertitude parait judicieux dans le cadre de l'anxiété.   
Face à une situation, l'incertitude survient. Elle nourrit l'inquiétude et par la même le phénomène anxieux.   
L'inquiétude se conceptualise sous la forme d'un discours intérieur, de pensées verbales ou bien d'images mentales catastrophistes.   
Il parait donc justifié de poser tout d'abord l'anxiété comme un trouble cognitif. Les cognitions étant ici, les pensées, représentations, images mentales... Les manifestations anxieuses qui suivent témoignent d'ailleurs de cette dimension cognitive :   
  
  
Sensation de danger imminent et mal identifié 
Sensation d’impuissance face au danger 
Sensation qu’un événement négatif menace 
Pensées inquiétantes et répétitives échappant à la volonté du sujet 
Tension dans l’attente d’une nouvelle importante mais encore incertaine
Tension dans l’attente d’un rendez-vous ou d’une épreuve importante 
Tension accompagnée d’appréhension et de rumination mentale 
Tension accompagnée de crises de panique 
Peur de se retrouver seul et impuissant dans des situations dangereuses 
Peur d’adopter des comportements humiliants ou embarrassants
Préoccupation obsessionnelle à propos d’une action déterminée.
Pensée obsessionnelle de violence infligée ou subie
Souvenirs récurrents et envahissants d’un événements stressant 
Peur de prendre des décisions erronées 
  

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Dimension cognitive de l’anxiété    
  

L’approche cognitive propose une vision globale du processus qui mène à un trouble tel l’anxiété.   
L’anxiété est un trouble éminemment cognitif. Mais la description s’applique également à des difficultés telles la dépression ou certains troubles de la personnalité et du comportement.   
  

 
  
L’étape cognitive est donc essentielle. Ca n’est pas ici la réalité qui pose problème mais ce qui en est pensé.   
    

Les 3 points essentiels du traitement cognitif de l’information vont être développés. Ils constituent également la colonne vertébrale d’une prise en charge thérapeutique. Dimension cognitive du sujet ou « Comment traitons-nous les informations » :   

1) Schémas, postulats, croyances et inconscient  
2) Processus, distorsions   
3) Pensées automatiques  


1) Schémas, postulats, croyances et inconscient    

Les termes « schéma », « postulat », « croyance » sont employés indifféremment selon les auteurs. Ces schémas sont des composants stables, mis en place essentiellement lors d’expérience pendant la petite enfance.   

Ces schémas sont inconscients. Avec le terme inconscient, nous sommes loin de l’emploi psychanalytique. Il faudrait plutôt le rapprocher du sens de mémoire à long terme, inexact mais moins ambigu.   

Au gré de notre histoire, de notre sensibilité, de stress répétés pendant l’enfance, de traumatismes, d’exemples familiaux ou sociaux, nous emmagasinons tous des informations diverses dans la mémoire à long terme. Ses informations, dysfonctionnelles dans le cas de l’anxiété, sont stockées sous la forme de postulats, schémas…   

Dans le cadre de l’anxiété, ces schémas reflèteront souvent :   

    - Une vision menaçante du monde extérieur    
    - Une vision défaillante du monde intérieur    
    - Une vision péjorative du futur 
Un postulat-type sera par exemple : « Si je ne contrôle pas la situation, quelque chose de mauvais va arriver ». D’autres schémas du même type se regrouperont sous la forme de perception d’un danger et d’incapacité de faire face.   

A travers le filtre de l’anxiété, « danger et contrôle », la vision de soi, des autres, du monde va s’orienter et faire naître de nouveaux postulats, schémas différents selon l’individu. Quelques exemples en reprenant les trois groupes essentiels :   
  

    - Une vision menaçante du monde extérieur : « La vie, c’est marche ou crève » / « les autres sont des requins » / « L’enfer, c’est les autres » / on n’existe que quand on gagne » /  « Les hommes ne s’intéressent qu’au sexe » / « La vie est une souffrance »… 
    - Une vision défaillante du monde intérieur : « je suis nul » / « je ne vais pas y a arriver » / « je n’ai pas de chance » / « je n’ai rien d’intéressant à dire » / Je n’existe pas sans mes performances »… 
    - Une vision péjorative du futur : « Personne ne sait ce que l’avenir nous réserve », « Il vaut mieux être toujours sur ses gardes »… 
Nous mettons donc tous en place des schémas, schémas que jean cottraux définit par « structure organisée qui contient les savoirs et les attentes de l’individu vis-à-vis du monde ».   

Il y a trouble comme l'anxiété lorsque ces schémas sont inadaptés aux bien-être.   
Les difficultés sont multiples :   
    
- Un schéma est inconscient   
- un schéma parait indiscutable et rigide   
- Le schéma va orienter tout traitement de l'information. ce qui vient le confirmer est amplifié, ce qui lui est contraire est minimisé   
- Un schéma est inconscient : il surgit à travers l'émotion, sans nécessairement passer par la conscience et son traitement logique.   
- Le schéma n'est pas traité de manière logique mais est donné comme vrai.   
- Pour atténuer les effets du schéma, l'individu va mettre en place des comportemetnts dysfonctionnels.   
- ...  

Ces difficultés générées par les schémas cognitifs constituent les axes pertinents d'une prise en charge   
En les reprenant :   

- Un schéma est inconscient - prendre conscience des schémas   
- Un schéma parait indiscutable et rigide - remettre en cause ces schémas, les discuter   
- Le schéma va orienter tout traitement de l'information. ce qui vient le confirmer est amplifié, ce qui lui est contraire est minimisé - mettre en valeur ce qui ne vient pas confirmer le schéma, réajuster la lecture du réel   
- Un schéma surgit à travers l'émotion, sans nécessairement passer par la conscience et son traitement logique - faire un examen conscient et logique des schémas   
- Le schéma n'est pas traité de manière logique mais est donné comme vrai - expérimenter la vérité du schéma   
- Pour atténuer les effets du schéma, l'individu va mettre en place des comportements dysfonctionnels - modifier le schéma et par la même les comportements compensatoires  

 
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2) Processus, distorsions    
    
Chez le sujet anxieux, une distorsion s’opère au stade cognitif. La lecture de la réalité s’éloigne dangereusement de la réalité elle-même. C’est ce que l'on appelle une lecture dysfonctionnelle.   

A titre d’exemple, quelques pensées dysfonctionnelles :   
    

- Lectures de pensées : l’individu pense savoir ce que pensent les autres sur lui-même.   
Ex :  « Ils me prennent pour un imbécile . »   

- Affirmation sans preuve : ce sont la plupart du temps des prédictions aléatoires, à la forme négative.   
Ex :  « De toute façon, on ne vas pas y arriver. »   

- Maximalisation et minimalisation : dans le cadre du stress, tendance à sur-estimer les échecs, à sous-estimer les réussites.   
Ex :  «Là, c’était trop facile. Tout le monde pouvait le faire.»   

- Généralisation : généralisations abusives.   
Ex :  « Les hommes sont des …»   

- Tout ou rien : dans le cadre du stress, par exemple, ne penser qu’en terme de réussite.   
Ex :  « On n’existe que quand on gagne.»   

- Déduction abusive ou sélective : tendance à ne retenir que ce qui  sert l’idée anxiogène ou stressante, en le sortant de son contexte.   
Ex :  « Il ne m’a pas passé le sel. Tu vois qu’il ne m’aime pas.»   

- Personnalisation excessive des événements : ramener les événements à soi.   
Ex :  «Tout ce qui arrive est de ma faute.»   
  

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3) Pensées automatiques  
Le cognitivisme est avant tout une science de la pensée.   
On analyse donc ce qui, dans les pensées, modes de pensées, dans les croyances, disfonctionne et génère le mal-être.   
Penser, chez l’être humain se concrétise, schématiquement de deux manières :   
  

Pensées automatiques : ce mode de pensée n’est pas contrôlé ou conscient.   
L’individu est passif. Ses pensées s’imposent à lui-même comme des schémas prédéfinis issus de l’observation (subjective et déformée) par le sujet de lui-même de son environnement et de toutes leurs interactions.   

Ex : « ça n’arrive qu’à moi », «de toute façon je vais me planter », «il ne me supporte pas … »   

Ce mode de pensée est donc automatique, immuable et constant : la pensée contrôle le sujet   
   

Pensées rationnelles : mode de pensée contrôlé et conscient (autant que cela est possible et envisageable). Il s’agit d’une pensée intentionnelle, plus ponctuelle.   
Face à un événement, on ne réagit pas automatiquement, on ne se laisse pas influencer par un vécu, des interprétations abusives et mécaniques.   
On prend du recul, on recherche une démarche logique et rationnelle : Le sujet contrôle la pensée.   
   

Du choix entre ces deux modes de réponses de la pensée dépend l'équilibre du sujet.   
La démarche cognitive propose de s’interroger sur ces pensées automatiques et leur mise en place, pour, dans un second temps les remplacer par des observations plus rationnelles et conformes à la réalité. Le sujet reprend le contrôle de ses pensées et de leur pertinence.   

Remettre en cause ses a-priori, c’est se permettre de repartir sur de nouvelles bases, de rendre possible le changement, de générer d’autres comportements chez soi et, en interrelation chez les autres.   
  

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